Photo à la Hune

Route du Rhum en Imoca

Fabrice Amedeo, victime d’un «mal» incurable

  • Publié le : 03/10/2018 - 16:38
fabrice amadeo, victime d'un «mal» incurable

Photographié par Jean-Marie Liot depuis l’intérieur de son Imoca Newrest-Art et Fenêtres avant de prendre le départ, le 4 novembre prochain, de sa troisième Route du Rhum, Fabrice Amedeo s’estime «victime d’une maladie dont on ne guérit pas». Il poursuit : «J’aime mon métier de journaliste mais ma vie ne se fera pas sans la compétition à voile.»
Quand on demande à ce skipper âgé de 40 ans s’il sait où et comment il a attrapé ce «mal incurable», Fabrice Amedeo se souvient que «j’avais 8 ans, en 1986, quand mon père m’a amené au Cap Fréhel voir un de ses amis, Thierry Ledoux, qui faisait la course en cata. J’ai vu passer Royale, Côte d’Or… Il y avait un vent médium, il ne faisait pas très beau. C’est mon premier souvenir du Rhum."
"En 2010, pour mon premier Rhum, j’étais à peine conscient de ce que je faisais, ajoute-t-il. C’était une année de coups de chien sur la route Nord, j’ai enchaîné les dépressions. On se dit que l’on ne recommencera jamais, mais tout à basculé à l’arrivée. Devant un lever de soleil magnifique, je me suis dit : je vais repartir, ma vie c’est ça !"
"2014 a été ma course de référence, se souvient encore le skipper. J’ai terminé 9e sur 44, j’en suis fier. Et quelle course ! La première nuit, par le travers d’Ouessant, un ballast a explosé ; j’avais 500 litres d’eau dedans. Mon dessalinisateur a rendu l’âme au même moment."
""Il me restait 18 jours d’eau douce, à condition de cuire mes lyophilisés à l’eau de mer ! Cette nuit-là aussi, je suis monté en tête de mât récupérer une drisse, puis je suis allé récupérer mon spi sous la coque. Tout le reste de la course s’est fait à fond et au final, encore cette certitude : ma vie ne se fera pas sans compétition.»