Actualité à la Hune

Tahiti Pearl Regatta

Des impacts économiques comme sociaux

La 15e édition de Tahiti Pearl Regatta, principal événement du nautisme en Polynésie française, démarre aujourd'hui et se terminera le 12 mai, les premières régates se déroulant le 9 mai. Une épreuve exotique vue de métropole mais qui a su, au fil des années, devenir un rendez-vous économique, social, sportif et culturel du Pacifique insulaire. Explications avec sa créatrice, Stéphanie Betz, toujours à la tête de l’organisation.
  • Publié le : 07/05/2018 - 00:01

Tahiti Pearl Regatta 2017Un cadre à nul autre pareil pour cette épreuve en Polynésie française.Photo @ Bertrand Duquenne/Tahiti Pearl Regatta

La «TPR», comme la surnomment les marins est, à l'origine, plus qu’une course : un hommage. C’est dans cet esprit que Stéphanie Betz l’a mise sur pied en 2004 avec un groupe de proches. «Avec cette régate, nous cherchions à soutenir Henri Dejust, un ami qui venait de perdre un proche et dont on se disait qu’il avait besoin d’activités. Malheureusement, même si la course existe toujours et qu’elle reste une fête, nous avons perdu Henri.» C’est ainsi que la TPR a lieu tous les ans en mai dans l’archipel de la Société en Polynésie française.
Événement phare du Pacifique insulaire, la TPR se déroule au son des percussions polynésiennes. «Elle est constituée d’un savant mélange d’étapes hauturières en plein Pacifique Sud ou dans les lagons, puis d’escales festives sur les îles ou les motus, c’est-à-dire les îlots le long de la barrière de corail, résume Stéphanie Betz. Une véritable invitation à partager le goût de vivre et le sens de la fête des Polynésiens.» Le parcours change tous les ans. Il permet de découvrir les îles de Raiatea, Taha’a, Bora-Bora ou Huahine.

Stéphanie BetzDepuis 2004, Stéphanie Betz tient la barre d"une épreuve considérée comme l'une des plus belles du Pacifique.Photo @ Delphine Barrais

Une course ouverte à tous

Cette course - à laquelle Voiles et Voiliers a consacré un reportage dans son n°652 -  est portée par l’association Raiatea Regatta, Archipelagoes et la Fédération tahitienne de voile. Elle reçoit un soutien du ministère des Sports. «Nous avons entre 15 et 20 millions de francs Pacifique (125 000 à 166 000 euros, ndlr) de frais rien que pour l’organisation, indique Stéphanie Betz. Cela comprend notamment la location des bateaux pour suivre la course, assurer la sécurité mais aussi les frais des prestataires pour l’accueil, les soirées…» La TPR est ouverte à tous les types de voiliers – monocoque, catamaran, trimaran, voilier privé, de charter comme en escale transpacifique, bateaux suiveurs… –, sans limitation de taille. Elle est bien sûr encadrée par les règles de course World Sailing. Ce format particulier permet une participation de régatiers passionnés comme de marins débutant dans l'univers de la voile sportive.
Les participants peuvent s'inscrire dans l'une des catégories suivantes : Racing Monocoque ou Racing Multicoque pour les bateaux possédant un certificat de jauge, Cruising, pour les bateaux ne présentant pas de certificat de jauge et Challenge entreprises pour les équipages sponsorisés. Chaque année, la Tahiti Pearl Regatta accueille des marins venant de bien au-delà de la Polynésie. En 2017, ils venaient des États-Unis, d’Italie, du Japon, de Nouvelle-Zélande, d’Australie, de Suisse comme de métropole.

Tahiti Pearl Regatta 2017En Polynésie, les flottes sont peut-être hétérogènes, mais les départs demeurent engagés. Photo @ Bertrand Duquenne/Tahiti Pearl Regatta

Pour ceux qui n’auraient pas l’opportunité de se rendre en bateau en Polynésie, louer un voilier sur place ou intégrer un équipage pour faire la course est possible. Généralement, les équipages s'y prennent entre dix et six mois avant le départ. Que ce soit auprès des sociétés de charter nautique comme auprès de particuliers. On peut même louer le Diam24 Trésors de Tahiti pour participer à la TPR…
Et si les voiliers à louer ne sont pas nombreux, ils sont tous mobilisés chaque année. Globalement, la Polynésie manque un peu d’unités taillées pour la course et la voile sportive, mais la situation s'améliore grâce au dynamisme des passionnés locaux.

Au cœur de la vie polynésienne

«Les dépenses privées engagées localement par les équipages ont été estimées en 2013 à 18 millions de Francs CFP (150 000 euros, ndlr) pour 30 équipages. Une somme qui s’ajoute aux frais de l’organisation et qui, depuis, a augmenté car le nombre d’inscrits est en hausse. En 2017, les participants étaient une quarantaine.»

Tahiti Pearl Regatta 2017Une course constituée "d’un savant mélange d’étapes hauturières en plein Pacifique Sud ou dans les lagons, puis d’escales festives sur les îles ou les motus" comme l'explique son organisatrice.Photo @ Bertrand Duquenne/Tahiti Pearl Regatta

Aux frais des organisateurs et des particuliers s’ajoutent les billets d’avion, ainsi que la couverture médiatique et la communication. «On compte une trentaine de billets avec Air Tahiti, la compagnie locale qui sillonne les îles et une trentaine de billets internationaux via Air Tahiti Nui» indique Stéphanie Betz. Néanmoins, il reste difficile d’estimer l’impact économique précis de la TPR, aucune étude récente n’ayant été réalisée.
Au-delà de l’aspect économique et financier, Stéphanie Betz insiste sur l’aspect social. «Le village, à Raiatea, est ouvert à toute la population. Nous restons très en lien avec les habitants des îles. Nous avons tout au long de la course des pirogues traditionnelles qui nous suivent. Nous offrons aussi des tours en bateau aux enfants défavorisés de Raiatea via le Rotary club.» Parallèlement, une opération nettoyage du port est également organisée en amont de l’épreuve pour sensibiliser les participants et les habitants à la préservation de l’environnement.


Découvrez ici le teaser de cette édition 2018 :